Quand relancer une facture impayée : le calendrier, de l'échéance à la mise en demeure

Par David Fabry, CEOPublié le Mis à jour le
Bouton rouge « PAY » au-dessus de trois rubans colorés marqués d'un dollar, d'un pourcentage et d'un point d'exclamation
Photo : Gabby K / Pexels

Relancez une facture impayée dès le lendemain de sa date d'échéance, puis tous les 8 à 15 jours, et envoyez une mise en demeure 30 à 45 jours après l'échéance si rien n'est réglé. Ce calendrier n'est fixé par aucun texte, mais il suit deux réalités : entre professionnels, les pénalités de retard courent dès le premier jour de retard, et une facture qui vieillit sans suite se recouvre de plus en plus mal. Encore faut-il connaître la date exacte de l'échéance, et savoir quand accélérer.

Ce qu'il faut retenir

  • Une facture impayée se relance dès le lendemain de son échéance : les pénalités de retard courent à partir de ce jour, sans rappel nécessaire entre professionnels.
  • La date d'échéance se calcule : 30 jours après la livraison à défaut d'accord, 60 jours après la facture au plus, ou 45 jours fin de mois selon la méthode convenue.
  • Un rythme courant : une relance tous les 8 à 15 jours, puis une mise en demeure 30 à 45 jours après l'échéance.
  • Un paiement promis puis manqué, un silence complet ou des signes de difficulté justifient de raccourcir le calendrier.
  • Si le client fait l'objet d'une procédure collective, on cesse de relancer : la créance se déclare au mandataire judiciaire dans les deux mois de la publication au BODACC.

À partir de quand une facture est-elle en retard ?

Une facture est en retard le lendemain de sa date d'échéance. Entre professionnels, la facture doit mentionner cette date (Code de commerce, article L441-9). Si elle manque ou si vous voulez la contrôler, elle se déduit du délai de paiement applicable (Code de commerce, article L441-10) :

SituationPoint de départDélai maximal
Aucun délai convenuRéception de la marchandise ou fin de la prestation30 jours
Délai convenu entre les partiesDate d'émission de la facture60 jours
Délai « fin de mois », s'il est prévu au contratDate d'émission de la facture45 jours fin de mois

Certains secteurs ont des délais plus courts, comme le transport ou les denrées périssables : les délais de paiement entre entreprises détaillent ces exceptions.

Face à un client particulier, aucun délai légal ne s'applique : le paiement est dû à la date que vous avez fixée lors de la vente, ou comptant à défaut d'accord.

Comment calculer une échéance à 45 jours fin de mois ?

Deux méthodes existent, et elles ne donnent pas la même date. Selon service-public, le fournisseur et le client doivent s'accorder sur celle qu'ils appliquent :

MéthodeCalculFacture du 1er août 2026
1Fin du mois d'émission, puis + 45 joursPayable au plus tard le 15 octobre 2026
2Date d'émission + 45 jours, puis fin de ce mois-làPayable au plus tard le 30 septembre 2026

Deux semaines d'écart : si votre relance part sur la base de la mauvaise méthode, le client vous répondra, à juste titre, que la facture n'est pas encore échue. Écrivez la méthode retenue dans vos conditions générales, et la date d'échéance sur chaque facture.

Bon à savoir

⚖️ Entre professionnels, les pénalités de retard sont exigibles sans qu'un rappel soit nécessaire, à partir du lendemain de l'échéance (article L441-10). L'indemnité forfaitaire de 40 € est due dès le premier jour de retard, une fois par facture (article D441-5). Relancer ne crée pas ces droits : cela les rappelle.

Faut-il relancer avant la date d'échéance ?

Ce n'est pas obligatoire, mais c'est souvent utile. Un message courtois envoyé trois à cinq jours avant l'échéance permet de vérifier que la facture est arrivée chez la bonne personne, qu'elle a été validée et qu'elle est programmée au paiement. C'est le moment où un problème de bon de commande, d'adresse de facturation ou de validation interne se règle le plus facilement.

Réservez-le aux cas où il change quelque chose : un nouveau client, une facture d'un montant important, un client qui a déjà payé en retard, ou une organisation dont le circuit de validation est long. Pour un client régulier et ponctuel, il n'apporte rien.

Quel rythme suivre après l'échéance ?

Aucun texte ne fixe le nombre ni l'espacement des relances. Le rythme suivant est courant pour la relance des impayés : il laisse au client le temps de réagir, sans laisser la facture vieillir.

MomentÉtapeObjet
J-5 à J-3 (facultatif)Rappel avant échéanceVérifier que la facture est reçue et validée
J+1Première relanceSignaler le retard, renvoyer la facture
J+8 à J+15Deuxième relanceDemander une date de paiement, appeler le client
J+20 à J+30Dernière relanceAnnoncer la mise en demeure et ses suites
J+30 à J+45Mise en demeureFixer un dernier délai, de 8 à 15 jours
EnsuiteRecouvrement judiciaireInjonction de payer ou autre procédure

Les modèles de chaque étape figurent dans nos articles sur le mail de relance et le courrier de relance.

Ce rythme s'adapte au contexte. Pour une petite facture adressée à un client fidèle, deux relances peuvent suffire avant la mise en demeure. Pour une facture importante, un appel dès la deuxième relance fait gagner du temps : il révèle tout de suite s'il s'agit d'un oubli, d'un désaccord ou d'un manque de trésorerie.

Conseil

💡 Fixez votre calendrier une fois pour toutes et appliquez-le à chaque facture échue, quel que soit son montant. Une relance qui dépend de la disponibilité de quelqu'un finit par partir trop tard, et ce sont les petites factures qu'on oublie.

Quand faut-il accélérer le calendrier ?

Certains signaux justifient de passer plus vite à l'étape suivante, voire directement à la mise en demeure :

  • une promesse de paiement non tenue : le client a donné une date, elle est passée ;
  • un paiement rejeté : chèque sans provision, prélèvement ou virement refusé ;
  • un silence complet : ni réponse aux emails, ni rappel après un message téléphonique ;
  • des contestations qui changent d'objet à chaque relance, sans réclamation écrite et précise ;
  • des signes de difficulté : changement soudain d'interlocuteur, retards en série sur plusieurs factures, demande de délai sur toutes les échéances.

À l'inverse, une contestation précise de la facture (quantité, qualité, prix) met le calendrier en pause : la relance ne sert à rien tant que le désaccord n'est pas tranché. Répondez par écrit, et reprenez les relances sur la partie non contestée.

Que faire si le client est en redressement ou en liquidation ?

Les relances deviennent alors inutiles. Après le jugement d'ouverture d'une sauvegarde, d'un redressement ou d'une liquidation judiciaire, une facture née avant ce jugement ne se réclame plus au client : la créance se déclare au mandataire judiciaire, avec les pièces qui en prouvent l'existence et le montant.

Important

⚠️ Le délai de déclaration est de deux mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au BODACC (articles L622-24 et R622-24 du Code de commerce). Pour un fournisseur sans sûreté, il court sans aucun courrier personnel : surveillez la situation de vos clients en retard plutôt que de continuer à leur écrire.

Jusqu'à quand peut-on relancer une facture impayée ?

Vous pouvez relancer aussi longtemps que la créance n'est pas prescrite, mais ce délai est moins long qu'on ne le croit :

ClientDélai de prescriptionTexte
Professionnel5 ansCode de commerce, article L110-4
Particulier, pour un bien ou un service fourni par un professionnel2 ansCode de la consommation, article L218-2

Une relance, même par lettre recommandée, n'interrompt pas la prescription. Seules la reconnaissance de la dette par le débiteur, une demande en justice ou une mesure d'exécution forcée le font (Code civil, articles 2240, 2241 et 2244). Face à un particulier, deux ans passent vite : au-delà de deux ou trois mois de relances sans résultat, l'étape judiciaire se prépare.

Combien de temps attendre avant la mise en demeure ?

Entre 30 et 45 jours après l'échéance, si les relances n'ont rien donné. Plus tôt, la mise en demeure paraît disproportionnée pour un simple oubli ; plus tard, elle arrive alors que la facture a déjà vieilli et que d'autres créanciers sont passés avant vous.

La mise en demeure change la situation juridique du dossier. Elle constate officiellement le retard (Code civil, article 1344) et, face à un client particulier, fait courir les intérêts au taux légal (Code civil, article 1231-6). Elle est aussi une pièce utile à joindre si vous déposez ensuite une requête en injonction de payer.

Le calendrier complet, avec le contenu de chaque relance et la place de l'appel téléphonique, est détaillé dans notre guide pour relancer une facture impayée.

Questions fréquentes

Combien de jours après l'échéance relancer une facture ?+

Dès le lendemain de l'échéance. Une première relance rapide traite les oublis et les factures égarées, qui forment une bonne part des retards. Attendre plusieurs semaines rend le recouvrement plus difficile, sans rien gagner sur la relation client.

Peut-on relancer avant la date d'échéance ?+

Oui. Rien ne l'interdit, et un rappel courtois quelques jours avant l'échéance permet de vérifier que la facture est bien arrivée et validée. Il est utile pour un nouveau client ou une facture importante.

Combien de relances avant la mise en demeure ?+

Aucun texte n'impose de nombre. Deux ou trois relances espacées de 8 à 15 jours sont courantes, avant une mise en demeure envoyée 30 à 45 jours après l'échéance.

Jusqu'à quand peut-on réclamer une facture impayée ?+

Cinq ans entre professionnels, deux ans pour un bien ou un service vendu par un professionnel à un particulier. Une relance ou une mise en demeure n'interrompt pas ce délai : seuls une reconnaissance de dette, une action en justice ou une mesure d'exécution le font.

À lire aussi

Sources

  1. Délais de paiement entre professionnels et pénalités de retard — entreprendre.service-public.gouv.fr (vérifié le 07/08/2026) — consulté le 03/11/2026
  2. Code de commerce, article L441-10 — consulté le 23/09/2026
  3. Code de commerce, article L441-9 — consulté le 23/09/2026
  4. Code de commerce, article D441-5 — consulté le 23/09/2026
  5. Code civil, article 1231-6 — consulté le 23/09/2026
  6. Code civil, article 1344 — consulté le 23/09/2026
  7. Code de commerce, article L110-4 — consulté le 23/09/2026
  8. Code de la consommation, article L218-2 — consulté le 23/09/2026
  9. Code civil, articles 2240, 2241 et 2244 (édition consolidée du 12/09/2026, codes.droit.org) — consulté le 23/09/2026
  10. Déclaration et vérification des créances (articles L622-24 et R622-24 du Code de commerce) — greffe du tribunal des activités économiques de Paris — consulté le 03/11/2026