Procédure de recouvrement des petites créances : fonctionnement et limites en 2026

La procédure simplifiée de recouvrement des petites créances permet à un créancier d'obtenir un titre exécutoire sans passer par un juge, pour une créance contractuelle de 5 000 € au plus, intérêts compris. Elle est menée par un commissaire de justice et repose sur l'accord du débiteur : s'il accepte, un échéancier est fixé et le titre délivré ; s'il refuse ou se tait pendant un mois, la procédure s'arrête. Depuis avril 2026, elle ne s'applique plus aux factures entre commerçants.
Ce qu'il faut retenir
- La procédure simplifiée permet d'obtenir un titre exécutoire sans juge, pour une créance contractuelle de 5 000 € au plus, intérêts compris.
- Elle est menée par un commissaire de justice et suppose l'accord du débiteur : son silence pendant un mois vaut refus.
- Depuis la loi n° 2026-307 du 23 avril 2026, elle ne s'applique plus aux créances facturées entre commerçants.
- Tous les frais sont à la charge du créancier, et aucun paiement ne peut intervenir pendant la procédure.
- En cas d'échec, le créancier peut saisir le juge, par exemple en injonction de payer.
À quelles créances s'applique la procédure ?
La procédure est ouverte pour le paiement d'une créance qui a une cause contractuelle ou qui résulte d'une obligation statutaire (Code des procédures civiles d'exécution, article L125-1), et dont le montant, en principal et intérêts, ne dépasse pas 5 000 € (article R125-1).
Important⚠️ Depuis la loi n° 2026-307 du 23 avril 2026, l'article L125-1 exclut « les créances ayant fait l'objet d'une facturation entre commerçants ». Une facture émise par une société commerciale à une autre ne peut donc plus passer par cette voie. Certaines fiches officielles n'ont pas encore intégré ce changement.
La procédure reste ouverte, par exemple, à un professionnel qui réclame une facture à un particulier, ou à un créancier non commerçant, comme une profession libérale ou un artisan non immatriculé au registre du commerce, dans la limite de 5 000 €. La portée exacte de l'exclusion pour les créanciers non commerçants n'a pas encore été précisée par les juges.
Comment se déroule la procédure ?
- Saisir un commissaire de justice du ressort de la cour d'appel où le débiteur a son domicile ou sa résidence (article R125-1). Le dépôt peut se faire en ligne, sur la plateforme de traitement des petites créances des commissaires de justice.
- Invitation du débiteur. Le commissaire de justice adresse au débiteur une lettre recommandée avec avis de réception ou un message électronique. Elle indique le fondement et le montant de la dette, reproduit les textes applicables et précise que le débiteur a un mois pour manifester son accord (article R125-2).
- Réponse du débiteur. S'il accepte de participer, le commissaire de justice lui propose un accord sur le montant et les modalités de paiement (article R125-4). S'il refuse, ou ne répond pas dans le mois, la procédure prend fin : le silence vaut refus.
- Délivrance du titre exécutoire. Si un accord est trouvé, le commissaire de justice délivre au créancier un titre exécutoire qui récapitule les diligences effectuées ; une copie est remise sans frais au débiteur (article R125-6).
Bon à savoir⚖️ L'accord du débiteur pour participer à la procédure suspend la prescription. En cas d'échec, le délai recommence à courir à compter du refus constaté par le commissaire de justice, pour une durée qui ne peut être inférieure à six mois (Code civil, article 2238).
Quelles règles pendant la procédure ?
Deux règles surprennent souvent les créanciers :
- aucun paiement ne peut avoir lieu avant que le commissaire de justice ait constaté l'issue de la procédure (article R125-7) : n'acceptez pas de règlement direct pendant cette période ;
- le commissaire de justice qui a établi le titre ne peut pas être chargé de son exécution forcée (article R125-8) : si le débiteur ne respecte pas l'accord, il faut en mandater un second.
Combien coûte la procédure ?
Tous les frais qu'occasionne la procédure sont à la charge exclusive du créancier (article L125-1). Selon service-public (fiche vérifiée le 1er septembre 2026) :
| Poste | Coût |
|---|---|
| Dépôt du dossier auprès du commissaire de justice | 14,92 € TTC |
| Émission du titre exécutoire | 30,06 € TTC |
| Émolument en cas de paiement | Proportionnel aux sommes encaissées, selon un barème dégressif |
Les montants diffèrent légèrement d'une source officielle à l'autre, et les tarifs des commissaires de justice ont été révisés au 1er mars 2026 : faites-vous confirmer le coût au moment de la saisine.
Quelle différence avec l'injonction de payer ?
| Procédure simplifiée des petites créances | Injonction de payer | |
|---|---|---|
| Qui décide | Le commissaire de justice constate un accord | Le juge rend une ordonnance |
| Montant | 5 000 € au plus, intérêts compris | Pas de plafond |
| Factures entre commerçants | Exclues depuis avril 2026 | Admises |
| Rôle du débiteur | Doit accepter ; son silence vaut refus | Peut faire opposition dans le mois |
| Coût | À la charge du créancier | Frais de greffe au tribunal de commerce, gratuit au tribunal judiciaire |
Le point faible de la procédure simplifiée est connu : il suffit au débiteur de garder le silence pour la faire échouer. Le rapport de la commission des lois du Sénat sur la loi n° 2026-307 constate qu'elle « demeure faiblement mobilisée par les créanciers ». Elle reste utile face à un débiteur de bonne foi qui veut un échéancier encadré.
Et pour les factures entre commerçants ?
La loi n° 2026-307 a créé, pour les créances facturées entre commerçants, une procédure de recouvrement des créances commerciales incontestées, sans plafond de montant (articles L126-1 à L126-6 du Code des procédures civiles d'exécution). Le commissaire de justice signifie un commandement de payer ; faute de paiement ou de contestation dans le mois, un procès-verbal de non-contestation est rendu exécutoire par le greffier du tribunal de commerce, et les frais sont à la charge du débiteur.
Au 23 septembre 2026, service-public indique que cette procédure sera opérationnelle à la parution de son décret d'application. En attendant, la voie pour une facture impayée entre commerçants reste l'injonction de payer.
Que faire en cas d'échec ?
Si le débiteur refuse ou ne répond pas, la lettre d'invitation l'a prévenu : le créancier peut saisir le juge pour obtenir un titre exécutoire. La voie la plus directe est l'injonction de payer, qui ne nécessite pas d'avocat pour la requête.
Conseil💡 Si vous pensez que le débiteur ne répondra pas, passez directement à l'injonction de payer : la procédure simplifiée ne fait gagner du temps qu'avec un débiteur disposé à trouver un accord.
Questions fréquentes
Quel montant maximum ?+
5 000 € en principal et intérêts (Code des procédures civiles d'exécution, article R125-1). Au-delà, il faut passer par une autre procédure, comme l'injonction de payer.
Une entreprise peut-elle l'utiliser contre une autre entreprise ?+
Plus pour une facture entre commerçants, depuis la loi n° 2026-307 du 23 avril 2026. Une procédure dédiée aux créances commerciales incontestées, sans plafond, a été créée par la même loi, mais elle attend son décret d'application.
Que se passe-t-il si le débiteur ne répond pas ?+
Son silence pendant un mois vaut refus et la procédure s'arrête. Le créancier peut alors saisir le juge, et la prescription, suspendue pendant la procédure, recommence à courir pour au moins six mois.
Combien cela coûte-t-il ?+
Tous les frais sont à la charge du créancier. Selon service-public (fiche vérifiée le 1er septembre 2026), 14,92 € TTC pour le dépôt du dossier et 30,06 € TTC pour l'émission du titre exécutoire, plus un émolument proportionnel aux sommes encaissées.
Quelle différence avec l'injonction de payer ?+
La procédure simplifiée se passe de juge mais suppose l'accord du débiteur. L'injonction de payer passe par le juge, sans plafond de montant, et ne dépend pas de l'accord du débiteur, qui peut seulement faire opposition.
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Mis à jour le 23/09/2026Sources
- Code des procédures civiles d'exécution, article L125-1 (loi n° 2026-307) — consulté le 23/09/2026
- Texte adopté par le Sénat le 29/01/2026, devenu la loi n° 2026-307 du 23 avril 2026 — consulté le 23/09/2026
- Dossier législatif de la loi n° 2026-307 — Assemblée nationale — consulté le 23/09/2026
- Code des procédures civiles d'exécution, articles R125-1 à R125-8 — consulté le 23/09/2026
- Code civil, article 2238 — consulté le 23/09/2026
- Recouvrement de dettes : injonction de payer et procédure simplifiée — service-public.gouv.fr (vérifié le 01/09/2026) — consulté le 23/09/2026
- Recouvrement judiciaire : injonction de payer en France et en Europe — entreprendre.service-public.gouv.fr (vérifié le 01/09/2026) — consulté le 23/09/2026
- Nouvelle procédure de recouvrement des créances commerciales incontestées — entreprendre.service-public.gouv.fr (27/04/2026) — consulté le 23/09/2026
- Recouvrement amiable : procédure simplifiée de recouvrement des petites créances — justice.fr — consulté le 23/09/2026
- Rapport n° 288 (2025-2026) de la commission des lois du Sénat — consulté le 23/09/2026
Ces informations sont fournies à titre général et ne constituent pas un conseil juridique. Vérifié le 23/09/2026.