Logiciel de recouvrement ou société de recouvrement : que choisir en 2026 ?

Par David Fabry, CEOPublié le Mis à jour le
Podium blanc portant trois médailles numérotées 1, 2 et 3, sur fond lilas
Photo : Ds Stories / Pexels

Il n'y a pas de meilleure solution dans l'absolu : une société de recouvrement convient à des créances ponctuelles et importantes, un logiciel de relance à une entreprise qui veut garder la main, une plateforme de recouvrement à un volume régulier d'impayés, et l'affacturage à un besoin de trésorerie sur des clients professionnels. Le choix se fait sur quatre critères : vos débiteurs, vos volumes, vos montants et le modèle de coût.

Ce qu'il faut retenir

  • Une société de recouvrement relance et encaisse à l'amiable pour votre compte ; elle ne peut ni saisir, ni obtenir seule un titre exécutoire.
  • Un logiciel de relance automatise vos propres relances : vous restez l'expéditeur et le décideur.
  • Une plateforme de recouvrement combine l'automatisation d'un logiciel et l'intervention d'un tiers, jusqu'à la procédure judiciaire.
  • L'affacturage finance vos factures et peut vous garantir contre l'impayé, mais il ne concerne que des clients professionnels.
  • Le bon choix dépend de vos débiteurs, de vos volumes, de vos montants et du modèle de coût : commission, forfait ou abonnement.

Quelles solutions existent pour recouvrer une facture ?

Six grandes options s'offrent à une entreprise qui doit se faire payer :

SolutionQui agitJusqu'oùModèle de coût usuel
Recouvrement en interneVousAmiable, puis procédure si vous la menezTemps passé, frais de procédure
Logiciel de relanceVous, avec un outilAmiable, en général par emailAbonnement ou inclus dans le logiciel
Société de recouvrementUn tiers, pour votre compteAmiable uniquementCommission sur les sommes recouvrées, parfois frais de dossier
Plateforme de recouvrementUn outil et un tiersDe la relance à la procédure judiciaire, selon la plateformeAbonnement, forfait ou commission
AffacturageUn établissement agrééFinancement et recouvrement de factures cédéesCommissions sur les factures cédées
Commissaire de justice, avocatUn professionnel réglementéAmiable, titre exécutoire, exécution forcéeTarif réglementé (commissaire), honoraires (avocat)

Ces solutions ne s'excluent pas : beaucoup d'entreprises relancent en interne, puis confient à un tiers les factures qui résistent.

Que fait une société de recouvrement, et que ne peut-elle pas faire ?

Une société de recouvrement réclame la somme due au nom du créancier, par courrier, téléphone, email ou visite au domicile du débiteur. Elle encaisse les paiements pour votre compte et vous les reverse.

Son activité est encadrée par le Code des procédures civiles d'exécution (article L124-1 et articles R124-1 à R124-7). Elle doit :

  • signer avec vous une convention écrite qui fixe les sommes dues, sa rémunération et les conditions de reversement des fonds ;
  • justifier d'une assurance de responsabilité civile professionnelle ;
  • disposer d'un compte bancaire exclusivement affecté aux fonds encaissés pour ses clients ;
  • avoir déclaré son activité au procureur de la République avant de l'exercer ;
  • vous reverser les fonds dans le mois qui suit leur encaissement, sauf convention contraire.
Important

⚠️ Une société de recouvrement ne peut pas saisir : seuls les commissaires de justice, munis d'un titre exécutoire, peuvent procéder à l'exécution forcée (article L122-1). Elle ne peut pas non plus facturer ses frais au débiteur : ils restent à la charge du créancier (article L111-8). La DGCCRF met en garde contre les sociétés qui laissent croire qu'elles disposent d'un titre exécutoire.

Côté prix, service-public indique que la société de recouvrement facture en général une commission calculée sur la somme recouvrée ; Bpifrance Création précise que certaines ne se rémunèrent qu'en cas de succès. Aucun taux n'est réglementé : tout se lit dans la convention.

Vérifiez les garanties avant de signer. Lors de contrôles menés en 2022, la DGCCRF a relevé des anomalies chez 41 % des 161 établissements de recouvrement contrôlés.

Que fait un logiciel de relance ?

Un logiciel de relance automatise vos propres relances : il détecte les factures échues et envoie des emails, parfois des SMS, selon un calendrier que vous définissez. Beaucoup de logiciels de facturation intègrent aujourd'hui cette fonction.

Avec un logiciel, vous restez l'expéditeur et le décideur. Il n'y a pas de tiers qui réclame la somme en votre nom : le ton de la relance, et son effet sur le client, sont ceux d'une relance que vous auriez écrite vous-même.

Ses limites tiennent à son périmètre : la plupart des logiciels s'arrêtent à la phase amiable par email. La mise en demeure par lettre recommandée et la procédure judiciaire restent à organiser à côté.

Qu'est-ce qu'une plateforme de recouvrement ?

Une plateforme de recouvrement combine les deux approches : l'automatisation d'un logiciel (import des factures, calendrier, suivi des paiements) et l'intervention d'un tiers, qui relance au nom de la plateforme puis prépare la procédure judiciaire. Quand elle relance et encaisse pour le compte de ses clients, elle est soumise aux mêmes règles que toute personne qui recouvre des créances pour autrui.

Les plateformes se distinguent par leur périmètre (jusqu'à la mise en demeure seulement, ou jusqu'à l'injonction de payer), leurs canaux (email, SMS, courrier, lettre recommandée), leur connexion aux logiciels de facturation et leur modèle de prix. Société.com Recouvrement est une plateforme de ce type : abonnement mensuel, sans commission sur les sommes recouvrées.

L'affacturage est-il une alternative au recouvrement ?

L'affacturage répond à un autre besoin : la trésorerie. L'entreprise cède ses factures à un établissement de crédit spécialisé ou à une société de financement, agréé par l'ACPR, qui lui en avance une partie et se charge de leur recouvrement. Selon la fiche de la Banque de France sur l'affacturage, l'avance représente en général 85 à 95 % du montant des créances cédées, avec une retenue de garantie de 8 à 15 %.

Selon le contrat, l'affactureur peut aussi supporter le risque d'impayé. En contrepartie, il prélève une commission d'affacturage (de 0,2 % à 2 % du montant TTC des factures cédées selon la même fiche) et une commission de financement.

Bon à savoir

⚖️ L'affacturage ne concerne que les clients professionnels : economie.gouv.fr rappelle qu'il ne peut pas financer des factures émises à des particuliers. Il n'est pas non plus toujours accessible, les affactureurs pouvant exiger un volume minimum de factures.

Quand faire appel à un commissaire de justice ou à un avocat ?

Le commissaire de justice peut mener un recouvrement amiable, contre un droit proportionnel réglementé à la charge du créancier. Il conduit aussi la procédure simplifiée de recouvrement des petites créances, jusqu'à 5 000 €, qui aboutit à un titre exécutoire si le débiteur l'accepte. Surtout, il est le seul à pouvoir exécuter un titre par la force : saisie sur compte, sur salaire, sur biens.

L'avocat n'est pas nécessaire pour la phase amiable ni pour la requête en injonction de payer. Il devient obligatoire devant le tribunal judiciaire ou le tribunal de commerce quand la demande dépasse 10 000 € (Code de procédure civile, articles 761 et 853), notamment si le débiteur conteste et que l'affaire est jugée au fond.

Comment choisir la bonne solution ?

Posez-vous ces questions, dans cet ordre :

  1. Vos débiteurs sont-ils des entreprises ou des particuliers ? L'affacturage est exclu pour les particuliers, et les règles de relance diffèrent.
  2. Combien d'impayés avez-vous par mois ? Un volume régulier plaide pour un outil ou une plateforme ; des créances rares et importantes, pour un prestataire au dossier.
  3. Quels montants ? Les seuils comptent : 5 000 € pour la procédure des petites créances, 10 000 € pour l'avocat obligatoire.
  4. Avez-vous besoin de trésorerie immédiate ? Seul l'affacturage avance les fonds.
  5. Qui doit porter le risque d'impayé ? L'affactureur peut le prendre, selon le contrat ; dans tous les autres cas, il reste à vous.
  6. Quel modèle de coût ? Une commission est proportionnelle aux sommes récupérées ; un forfait ou un abonnement est connu d'avance.
  7. Le prestataire est-il en règle ? Convention écrite, assurance, compte dédié, mentions obligatoires de ses courriers.
  8. Jusqu'où va la solution ? S'arrête-t-elle à l'amiable, ou peut-elle préparer l'injonction de payer quand la relance échoue ?
Votre situationSolution souvent adaptée
Quelques impayés par an, montants élevésSociété de recouvrement ou commissaire de justice, au dossier
Impayés réguliers, petits et moyens montantsLogiciel de relance ou plateforme de recouvrement
Besoin de trésorerie sur des clients professionnelsAffacturage
Débiteurs particuliers nombreuxPlateforme ou société de recouvrement ; pas d'affacturage
Créance contestée ou supérieure à 10 000 €Avocat
Conseil

💡 Quelle que soit la solution, la phase amiable a d'autant plus de chances d'aboutir qu'elle commence tôt. Le choix d'un prestataire ne doit pas retarder la première relance.

Questions fréquentes

Une société de recouvrement peut-elle saisir les biens d'un débiteur ?+

Non. Seuls les commissaires de justice, munis d'un titre exécutoire, peuvent procéder à l'exécution forcée. Service-public rappelle qu'une société de recouvrement n'a pas de moyens d'action spécifiques : elle réclame la somme par courrier, téléphone, email ou visite.

Quelles garanties exiger d'une société de recouvrement ?+

Une convention écrite qui fixe sa rémunération et les conditions de reversement des fonds, une assurance de responsabilité civile professionnelle, un compte bancaire réservé aux fonds encaissés pour ses clients et une déclaration préalable au procureur de la République.

Quelle différence entre affacturage et société de recouvrement ?+

L'affactureur, établissement agréé, achète vos factures et vous en avance une grande partie du montant. La société de recouvrement ne finance rien : elle réclame la somme au nom du créancier, en général contre une commission sur ce qu'elle récupère.

Faut-il un avocat pour recouvrer une facture ?+

Pas pour la phase amiable ni pour la requête en injonction de payer. L'avocat devient obligatoire devant le tribunal judiciaire ou le tribunal de commerce au-delà de 10 000 € de demande.

Quelle solution pour des débiteurs particuliers ?+

L'affacturage est exclu, car il ne finance pas les factures émises à des particuliers. Restent la gestion interne, le logiciel de relance, la société ou la plateforme de recouvrement, et le commissaire de justice.

À lire aussi

Sources

  1. Code des procédures civiles d'exécution, article L124-1 — consulté le 23/09/2026
  2. Code des procédures civiles d'exécution, articles R124-1 à R124-7 — consulté le 23/09/2026
  3. Code des procédures civiles d'exécution, article L111-8 — consulté le 23/09/2026
  4. Code des procédures civiles d'exécution, article L122-1 — consulté le 23/09/2026
  5. Se faire rembourser une somme avec l'aide d'une société de recouvrement — service-public.gouv.fr (21/08/2025) — consulté le 23/09/2026
  6. Recouvrement amiable de créances : les règles à connaître — DGCCRF (24/10/2025) — consulté le 23/09/2026
  7. Recouvrement amiable de créances : un secteur sous surveillance de la DGCCRF (30/05/2024) — consulté le 23/09/2026
  8. Recouvrement de créances : réglementation de l'activité — Bpifrance Création — consulté le 23/09/2026
  9. Recouvrement de créances : généralités — Bpifrance Création (mai 2026) — consulté le 23/09/2026
  10. Recouvrement de créances : connaissez-vous l'affacturage ? — economie.gouv.fr (29/09/2025) — consulté le 23/09/2026
  11. Le référentiel des financements des entreprises, fiche 422 : l'affacturage — Banque de France — consulté le 23/09/2026
  12. Recouvrement de dettes : injonction de payer et procédure simplifiée — service-public.gouv.fr — consulté le 23/09/2026
  13. Code de procédure civile, article 761 — consulté le 23/09/2026
  14. Litige commercial : déroulement d'une affaire devant le tribunal de commerce — entreprendre.service-public.gouv.fr — consulté le 23/09/2026
  15. Rapport de l'Observatoire des délais de paiement 2024 — Banque de France (publié le 10/07/2025) — consulté le 23/09/2026